Château de Chaux-des-Crotenay

2012

L’intervention archéologique Champs-des-Mottes situé sur la commune de Chaux-des-Crotenay (Jura) est constituée de deux sondages dans le sous-sol.

Le premier est réalisé sur la voie d’accès au-devant de la poterie menée au château du château moderne. Ce sondage peu profond a permis de mettre au jour une voie d’accès pavé d’une largeur de ±3,50 m dont le mode constructif se révèle assez complexe. Elle est associée à deux murs de soutènement longitudinaux, même après un agrandissement substantiel du revêtement. La nouvelle voie atteint la largeur maximale hors-œuvre de ±7,50 m.

Le second sondage est implanté au fond du fossé a priori primitif du château. Taillé dans le substrat calcaire, ce fossé comporte un profil en « U », où deux affleurements de maçonnerie et deux autres microreliefs avaient été appréciés en 2011. L’interprétation de l’existence de piles d’un pont dormant avait alors été retenue. Le sondage 2012 confirme ce précédent postulat. Deux piles et sa culée occidentale sont découvertes dans la moitié ouest du fossé. Elles sont fondées sur la dalle du substrat calcaire débitée et ayant vraisemblablement servi à la construction de certaines maçonneries. Chacune de ces trois maçonneries présente une petite fondation dotée d’un empattement assez réduit mais guangé dans le mortier chaux. L’élévation adopte un tout autre mode constructif. Les chaînages sont façonnés avec des moellons équarris de grande taille, alors que les parements des flancs longitudinaux sont formés d’un petit, essentiellement, et moyen appareils assisés et lisses. Les trois structures adoptent des caractéristiques très semblables, induisant une vraisemblable contemporanéité. En revanche, elles dévoilent une implantation singulière, dessinant en effet un tracé courbe atypique pour la région puisqu’aucun autre n’est répertorié. Cet aménagement n’est pas expliqué dans le cadre de cette opération mais pourrait potentiellement répondre à des reconstructions ou des transformations du front d’entrée vers l’Epoque moderne. Cette chronologie est en effet évoquée par les quelques artefacts découverts lors de la fouille. Outre un important comblement généré par les démolitions ordonnées par les troupes de Louis XIV en 1691 puis la ruinification lente des vestiges, une fine couche de rejet et/ou d’occupation nappe le fond du fossé. Le mobilier découvert suggère une chronologie principalement axée dans le courant du XVII  siècle, sans exclure la fin du XV  et le début du XVI  siècle par une exclusive céramique.

Le dégagement fastidieux des ces trois constructions permet de le mortier chaux. L’élévation adopte un tout autre mode e e e mener une opération singulière dans la région. Elle montre le potentiel archéologique de ce type de fouille, permettant de mettre en exergue la méconnaissance des monuments castraux en l’absence de fouille dans le sous-sol. La poursuite de l’opération en 2013 devrait permettent d’appréhender les deux autres possible piles du pont dormant.