Château de Chaux-des-Crotenay

2014

L’investigation archéologique menée au château de Champ-des-Mottes sur la commune de Chaux-des-Crotenay (Jura) s’est déroulée sur le versant oriental du fossé de l’édifice primitif du XII  siècle, dont la fouille a débuté en 2012.

Les fouilles de l’année 2014 achèvent trois années d’étude du pont et plus exactement des cinq piles maçonnées d’un pont. L’emprise s’est portée sur la cinquième travée, entre la dernière pile est et le front d’entrée du château. Comme en 2013, le nombre de moellons taillés de très grande taille appartenant à la porterie a fortement ralenti les ambitions pour la poursuite de la mise au jour de la courtine nord. Seules les prémisses sont mises en exergue. Néanmoins, la nature de ces pierres envisage la physionomie disparue de l’élévation qui devait être pourvue d’une seule porte charretière, protégée par des mâchicoulis ou une bretèche comme le laisse à penser plusieurs corbeaux. La façade est également complétée par un ou deux édicules comme des échauguettes, distinctes des défenses sommitales précitées. Ces éléments adoptent des caractéristiques techniques très proches des maçonneries conservées mais certains blocs semblent plus récents, postérieurs au milieu du XVII  siècle. Des reprises sont donc probables. Les couches d’activité recouvertes par le niveau de démolition ont révélé un important mobilier, dont les artefacts permettent d’apprécier une chronologie maximale comprise entre 1545 et 1691, cette dernière date étant le début de la démolition.

Les structures en place correspondent à celles découvertes en 2013. Seuls leurs soubassements sont maintenant mis en lumière. Contrairement à toute attente, le fruit du front d’entrée s’interrompt au niveau du plateau rocheux central au profit d’un parement vertical au nord et plus volontiers en retrait au contact du substrat. La pile orientale présente un mode constructif très proche de cette précédente construction, ce qui conforte les interprétations 2013. Le pont apparaît érigé de manière contemporaine à la porterie, avant 1545-1608. Cette datation est aussi évoquée pour les reconstructions des trois piles occidentales. Leur installation forme bien le tracé courbe du pont actuel, supprimant potentiellement celui rectiligne d’un premier. L’extraction des plateaux rocheux pour les nouvelles piles, conservés sous les deux unités ouest, a anéanti toute possibilité de conforter ce postulat. Malgré cette indigence, les méthodes de construction alors appliquées ne font pas de doute. Les trois piles ouest sont reconstruites, le tout avant 1545. Les deux piles ouest, les plus anciennes, et le front d’entrée possèdent des particularités constructives assez proches de constructions du XV  siècle, c’est du moins ce que révèlent certaines analogies avec le château de Nozeroy (Jura), même s’il ne faut pas écarter par méconnaissance une chronologie plus précoce (XII  siècle), les comparaisons locales faisant défaut. Le front d’entrée et les deux piles orientales pourraient donc être édifiées vers le XV  siècle alors que les unités occidentales seraient installées entre le XV  et 1545. Quand est-il alors de la construction primitive ? À ce jour, les données collectées ne permettent pas d’envisager de réponse.

Les résultats acquis lors de ces trois années de labeurs permettent d’apprécier l’un des rares exemplaires de pont à franchissement d’un fossé en Franche-Comté particulièrement durant une fouille archéologique. L’achèvement de ce programme amène tout naturellement à connaître la porterie et le front d’entrée, c’est du moins la nouvelle problématique émise pour l’année 2015.